- Par Isney Bariko
- 01/04/2026 16:00
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En quelques mots, quel a été le fil conducteur de votre campagne ?
« Nous avons structuré notre communication en quatre temps : lancement général, focus sur le Togo, mobilisation en vue de l’atelier et enfin l’atelier du 27 juin. Chaque étape mettait en lumière un aspect de l’Index – méthodologie, données clés, enjeux genre et enfants, recommandations, tout en soulignant notre rôle de partenaires locaux. Nous voulions à la fois informer, sensibiliser et appeler à l’action. »
Comment avez-vous accueilli l’initiative de l’index en tant que pays pilote ?
« Le CDFDH a accueilli avec beaucoup d’intérêt et d’enthousiasme l’initiative de l’Index mondial de la torture. Le fait que le Togo ait été retenu comme l’un des pays pilote a été perçu à la fois comme une reconnaissance du travail des organisations nationales de défense des droits humains et comme une opportunité stratégique de rendre visible, de manière structurée et documentée, les réalités liées à la torture dans le pays.
Cet index vient combler un vide, car jusque-là, il existait peu d’outils centralisés permettant d’évaluer de façon comparative les politiques de lutte contre la torture. Il permet d’établir un diagnostic, fondé sur des indicateurs clairs et nous l’espérons favorisera un dialogue plus constructif entre la société civile, les institutions nationales et les mécanismes internationaux de protection des droits humains. C’est donc un outil que nous considérons comme utile, innovant et porteur de changement. »
Comment cet outil vient-il enrichir vos pratiques de plaidoyer ?
« L’Index offre un cadre rigoureux pour objectiver les violations : en croisant analyse légale, efforts politiques et perception sur le terrain, il nous fournit des indicateurs comparables entre pays. Cela renforce notre crédibilité auprès des décideurs et permet de formuler des recommandations beaucoup plus ciblées. »
Vous avez participé à la collecte des données. Comment cela s’est-il concrètement déroulé ?
« Avec le CACIT, nous avons combiné : une revue documentaire des textes et rapports existants, des entretiens semi-structurés avec des juristes, médecins et avocats, des visites de terrain dans plusieurs sites de détention.
Cette démarche participative a permis de croiser les sources et d’identifier des réalités souvent passées sous silence, notamment les violences basées sur le genre et les traitements infligés aux mineurs. »
Qu’attendez-vous de la suite, à l’issue du lancement ?
« Notre objectif est triple : d’abord, que l’Index devienne une référence pour le plaidoyer national et international ; ensuite, qu’il incite les autorités à adapter le cadre législatif, à réformer la procédure pénale et à renforcer la prévention en milieu carcéral ; enfin, qu’il favorise une collaboration pérenne entre la société civile, les institutions et les partenaires techniques, pour traduire les recommandations en actions concrètes. »
En ce 26 juin, le CDFDH et le CACIT marquent une étape majeure : celle où la parole structurée par l’Index Mondial de la Torture rencontre l’engagement de terrain. Forts de cette campagne et de l’atelier de plaidoyer qui aura lieu ce 27 juin à Lomé, ils entendent désormais transformer les constats chiffrés en réformes durables, au service de la dignité et de la protection de toutes les victimes.