- Par Isney Bariko
- 30/10/2025 16:27
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Selon son secrétaire général, François Awoudo, l’objectif serait d’encadrer les messages diffusés sur ces réseaux, compte tenu de leur portée et de leur influence croissante.
Toutefois, cette initiative suscite de vives interrogations : vise-t-elle à protéger les citoyens contre les abus en ligne, ou pourrait-elle entraîner des restrictions non justifiées à la liberté d’expression ?
Entre légitime encadrement et risque de censure
La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH) est sans ambiguïté : « Toute personne a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre les informations et les idées, sans considération de frontières, par quelque moyen d'expression que ce soit. »
Ce droit, garanti également par la Constitution, est aujourd’hui exercé massivement à travers les réseaux sociaux. Pour beaucoup de personnes, notamment les jeunes, ces plateformes représentent un espace de parole libre, un moyen de s’informer et de débattre en dehors des médias traditionnels. Dès lors, la volonté de la HAAC de réglementer ces espaces numériques pose plusieurs questions.
Certes, la lutte contre la désinformation, les discours haineux ou les contenus illicites est légitime. Mais le flou qui entoure les modalités de cette régulation alimente les craintes. Le moment choisi pour cette annonce interroge. Elle intervient à une période de tension politique, où les voix critiques sont parfois perçues comme menaçantes pour les autorités.
Pour éviter cela, toute initiative de régulation doit s’inscrire dans un cadre légal transparent, conforme aux engagements internationaux en matière de droits humains. Mais elle ne doit en aucun cas être utilisée pour restreindre abusivement la liberté d’expression.
Alors, s'agit-il d’un simple encadrement technique ou d’un virage vers une parole surveillée ?