- Par Isney Bariko
- 13/06/2025 17:24
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Juriste spécialisé en droit des entreprises et en gouvernance des associations, consultant en géopolitique et géostratégie, homme de média, Edem Kodjo Aokou conjugue engagement humaniste et rigueur professionnelle. Quatrième d’une fratrie de dix enfants, il grandit dans une maison où la rigueur allait de pair avec la solidarité. Ce sont ces valeurs, presque tatouées à l’âme, qui l’amènent dès l’adolescence à intervenir dans des conflits de voisinage, à tendre l’oreille aux oubliés, à défendre ceux qu’on n’écoute plus.
Il eut son déclic professionnel lors d’un plaidoyer pour les femmes détenues sans procès. L’une d’elles retrouve la liberté après un plaidoyer auquel il prend part. Ce jour-là, tout bascule. « J’ai vu dans ses yeux la promesse d’une vie sauvée », confie Edem. Il comprend que le droit, bien utilisé, peut être un outil de libération. Il lance alors en 2018, il lance une campagne d’assistance juridique auprès des commerçantes des marchés de Lomé et des femmes détenues des prisons civiles de Lomé et Aného, associant écoute, formation et plaidoyer stratégique pour transformer la dignité volée en droits rétablis.
Transformer le droit en levier de changement
En 2024, Edem rejoint le Centre de Documentation et de Formation sur les Droits Humains (CDFDH) à Togoville. Il y perfectionne ses armes : droit international, constitution de dossiers solides, diplomatie juridique. Fort de cette expérience, il affronte un nouveau défi à son retour : interpeller une autorité publique sur une violation de droits. Sans conflit, mais avec des preuves et des mots justes, il fait évoluer les pratiques. Et grâce au CDFDH, son travail devient une référence pour une nouvelle génération d’avocats engagés.
À l’heure où le numérique devient le nouveau terrain de jeu et de menace pour les libertés, Edem élargit son combat. Protection des données, liberté d’expression en ligne, gouvernance éthique du digital… Pour lui, pas de doute : « Le digital n’est pas un monde parallèle, c’est là que se jouent désormais nos droits fondamentaux ».
Et maintenant ?
Inspiré par son mentor André Kangni Afanou, Kodjo adresse un message clair aux jeunes : « N’attendez pas d’avoir "tout compris" pour agir. Alliez passion, formation et audace. Il invite aussi les décideurs à voir plus loin : investir dans les droits humains, c’est investir dans un avenir durable et collectif. »
Au fond, l’histoire d’Edem, c’est celle d’un jeune Togolais qui a choisi de ne pas détourner le regard. Celle de quelqu’un qui prouve, au quotidien, que même dans les marges, la justice peut avoir un visage jeune et une voix forte.