- Par Isney Bariko
- 04/02/2026 12:19
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Parmi les organisations engagées dans la prévention et la lutte contre ce fléau, Alternative Leadership Group (ALG) prend part aux échanges, aux côtés de nombreuses structures partenaires, pour réfléchir au rôle central des jeunes dans la construction d’un Togo plus intègre.
Un engagement politique réaffirmé pour une gouvernance plus transparente
À l’ouverture des travaux, le président de la Haute Autorité de Prévention et de Lutte contre la Corruption et les Infractions Assimilées (HAPLUCIA), Kimélabalou Aba, a rappelé la vision portée par les plus hautes autorités du pays. Le Togo, a-t-il déclaré, a fait le choix d’un régime parlementaire moderne, efficace et représentatif, visant à rapprocher les institutions des citoyens, renforcer la redevabilité et améliorer la qualité de la gouvernance publique.
Se félicitant du thème de cette année, il a souligné que la lutte contre la corruption ne peut porter ses fruits sans un travail de fond sur les mentalités. À ce titre, il a évoqué l’introduction progressive de l’enseignement de la lutte contre la corruption dans les programmes scolaires. « La culture de la transparence, de la responsabilité et de la redevabilité doit commencer dès le bas âge », a-t-il affirmé, avant d’interpeller l’assistance en ces termes : « Vous devez être le changement que vous voulez voir ».
La jeunesse, première victime et principal levier de changement
Au cœur des échanges, la situation de la jeunesse face à la corruption a occupé une place centrale. Le directeur de la Répression à la HAPLUCIA, Ouro Sama, a mis en lumière l’impact profond de ce fléau sur les jeunes, notamment à travers l’accès limité à l’éducation et à l’emploi, la perte de confiance dans les institutions, la vulnérabilité dans les services publics et les tentations migratoires. Selon lui, jusqu’à 60 % des jeunes pourraient être touchés par les effets directs ou indirects de la corruption.
Face à ce constat, il a appelé à transformer les frustrations en engagement civique, en faisant de la jeunesse une véritable force de changement, structurée autour d’une culture de l’intégrité, soutenue par l’éducation, la valorisation de modèles positifs et la création d’espaces sûrs de participation.
Convention internationale et rôle clé de la société civile
La dimension internationale de la lutte contre la corruption a également été au centre des discussions. L’avocat général près la Cour suprême, Fiawonou Yaovi Mawuli, est revenu sur les obligations du Togo dans le cadre de la Convention des Nations unies contre la corruption (CNUCC). Il a présenté le mécanisme d’examen par les pairs et rappelé l’importance pour les États de renforcer en permanence leurs dispositifs nationaux de prévention, de répression et de coopération internationale.
De son côté, Dr Ebeh Kodjo Fabrice a insisté sur la contribution déterminante des organisations de la société civile dans la mise en œuvre de la Convention. Selon lui, la sensibilisation, l’accompagnement juridique des victimes et le plaidoyer pour une gouvernance transparente constituent des piliers essentiels pour ancrer durablement la culture de l’intégrité dans la société.
À l’issue de cette 22ᵉ Journée internationale de lutte contre la corruption, un message s’impose : la bataille contre ce fléau ne pourra être gagnée sans une implication active, structurée et durable de la jeunesse. Cette rencontre ouvre la voie à un engagement collectif renouvelé, fondé sur la transparence, la redevabilité et la mobilisation citoyenne, pour bâtir un Togo plus juste et plus intègre.