- Par Isney Bariko
- 21/10/2025 12:34
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Former, autonomiser et oser pour influencer
À Lomé et Kara, une première formation a réuni 60 femmes paires éducatrices et jeunes leaders. Bien plus qu’un apprentissage, ce fut un espace d’expression et de libération. Les participantes ont revisité les notions essentielles des droits humains : non-discrimination, universalité, indivisibilité, inaliénabilité. Esther, devenue couturière après un accident, témoigne : « La couture, c’est ma liberté. Grâce à elle, je suis autonome et je prends ma place dans la société. Aujourd’hui, je connais mes droits et sais que ma voix compte. »
Comme Esther, ce sont désormais une cinquantaine de femmes à travers le pays, renforcées pour influencer.
Parler des tabous pour reconquérir sa dignité
Les discussions ont abordé des thèmes souvent tus mais essentiels : la santé sexuelle et reproductive, le droit au consentement, à l’intégrité physique et à l’accès aux soins. Ces échanges ont permis de briser le silence sur des sujets qui touchent directement la dignité et l’autonomie des femmes.
L’autonomie économique comme clé d’indépendance
Parce qu’il n’y a pas de dignité sans indépendance financière, une part importante de la formation a été consacrée aux activités génératrices de revenus (AGR). Les participantes y ont trouvé l’occasion de bâtir ou renforcer une vision d’avenir plus autonome. Edwige, commerçante et couturière, raconte : « Après un drame familial, j’ai quitté l’école. J’ai commencé un petit commerce, puis la couture. Aujourd’hui, je suis indépendante et j’ai permis à mon fils de poursuivre ses études supérieures. Il n’y a pas de condition parfaite pour entreprendre : lancez-vous. »

Briser l’invisibilité sociale et les préjugés
Les participantes ont mis en lumière les obstacles qui jalonnent leur quotidien : infrastructures inaccessibles, services publics non adaptés, transports inhospitaliers. Mais le plus lourd reste le rejet social. Atali, amputée dans son enfance, partage : « Les gens se moquent de ma démarche, mais ils ne connaissent rien de ma douleur ni de mon courage. Grâce à ce projet, je gagne en confiance et j’apprends que je peux demander de l’aide. »
Un combat collectif pour l’égalité
Pour la FETAPH, représentée par Mme Marie-Claire Inandjo, le projet NAATAANN représente « une véritable opportunité pour les femmes en situation de handicap de s’affirmer, s’épanouir et s’engager vers l’autonomie financière ».
Dans le septentrion, des connexions gagnantes avec l’association des femmes et filles handicapées vaillantes de la région des savanes (A2FHV-S) membre du Réseau du CDFDH et des jeunes organisés en coordination de l’écosystème de l’influence sont au-devant d’une dynamique locale qui permettra d’implémenter des clubs communautaires de citoyenneté.
Plus qu’une formation, un mouvement lancé
NAATAAN n’a pas seulement offert un apprentissage : il a ouvert un espace de reconnaissance, d’écoute et d’affirmation. Les femmes formées deviennent désormais paires éducatrices, relais dans leurs communautés pour défendre leurs droits et sensibiliser leurs pairs.
Dans les prochains mois, elles seront en scènes à travers des actions au sein de clubs communautaires de citoyenneté pour renforcer leur autonomie et contribuer à renforcer celles d’autres femmes.
Leur message est sans appel : elles ne demandent pas de charité, mais la justice et l’inclusion. Leur combat est collectif, car aucune société ne peut progresser en laissant une partie de sa population dans l’ombre.
Par Emmanuella Kobana