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Militer, mais à quel prix ? Quand le combat en ligne pèse sur la santé mentale

Militer, mais à quel prix ? Quand le combat en ligne pèse sur la santé mentale
Dugli
Dugli
24 Jul 2025, 18:02
Santé 404 vues

Il y a cette envie de bien faire. De dénoncer, de soutenir, de relayer. Il y a cette colère, cette urgence, ce feu qu’on sent à l’intérieur quand on voit l’injustice, l’indifférence, les violences. Alors on agit. On prend la parole. On devient activiste, en ligne ou ailleurs.

Mais parfois, on s’oublie dans le processus.

Fatigue invisible, pression constante

Être engagé, ce n’est pas juste publier des posts. C’est lire des témoignages bouleversants. C’est répondre aux messages privés d’inconnus en détresse. C’est se sentir obligé d’être présent, chaque jour, comme si se reposer équivalait à abandonner la lutte.

C’est aussi encaisser les commentaires violents, les critiques, les menaces parfois. C’est avoir peur d’avoir dit “trop”. C’est douter. C’est culpabiliser quand on décroche, même un instant.

Et peu à peu, le corps fatigue. Le sommeil devient léger. L’esprit sature. L’envie recule. Mais on continue. Parce que “d’autres comptent sur moi”. Parce que “si je ne dis rien, qui le fera ?”

La santé mentale, ce n’est pas du luxe. C’est une condition de survie.

S’engager, ce n’est pas s’abîmer. Il faut le répéter. Militer, c’est noble. Mais militer en s’écoutant, c’est plus fort encore.

Il faut apprendre à lever le pied sans se sentir coupable. À poser son téléphone. À désactiver ses notifications. À dire non. À déléguer. À dormir.

Parce que l’activisme ne sert à rien si on s’y perd soi-même. Parce qu’un esprit trop épuisé finit par se taire. Et parce que le silence qu’on voulait combattre… finit par revenir de l’intérieur.

Voici quelques repères pour prendre soin de soi Fixe-toi des limites : tout le monde ne peut pas être sur tous les fronts, tous les jours. Instaure des “temps off” réguliers : des journées sans réseaux, sans actualité lourde. Entoure-toi d’autres militant·es : pour ventiler, échanger, rire aussi. Ne garde pas tout pour toi : si tu sens que ça devient trop lourd, parle. À un·e ami·e, un·e pro, une personne de confiance.

Souviens-toi : ta santé mentale est aussi un acte de résistance.

Dans ce monde qui va trop vite, prendre une pause, c’est aussi une forme de résistance.