2026-03-05 18:01:19

Cybersécurité au Togo : des progrès à saluer

Cybersécurité au Togo : des progrès à saluer
Isney Bariko
Isney Bariko
06 Jun 2025, 15:08
Sécurité numérique 471 vues

« Il faut 20 ans pour construire une réputation et quelques minutes de cyber-incident pour la ruiner », affirmait Stéphane Nappo. À l’ère du numérique, cette phrase résonne avec une acuité particulière. Personne n’échappe désormais aux revers de la digitalisation : ni les individus, ni même les organisations.

Une nécessité incontournable

Le numérique est devenu un pilier incontournable du XXIe siècle. Il transforme les modes de vie, facilite l’accès à l’information, améliore les services publics et privés, et ouvre de nouvelles perspectives économiques.

À mesure que les technologies progressent, les frontières physiques s’effacent, les échanges s’intensifient et l’innovation s’accélère. Maîtriser le numérique n’est plus un luxe : c’est une exigence pour rester compétitif et protégé.

La multiplication des cyberattaques met en péril la sécurité des États, des entreprises et des citoyens. La fuite de données sensibles, le piratage de systèmes ou encore l’utilisation abusive des informations personnelles soulèvent de vives inquiétudes.

Selon le rapport de Cybersecurity Ventures, les coûts mondiaux liés aux cyberattaques atteindront 10 500 milliards de dollars par an d’ici 2025, contre 3 000 milliards en 2015. Un signal fort de la gravité de ces menaces.

Une réponse politique et légale au Togo

Au Togo, la cybersécurité est devenue une priorité nationale. En 2024, le gouvernement a lancé une stratégie nationale de cybersécurité couvrant la période 2024-2028. Cette feuille de route vise à anticiper les menaces numériques et à garantir la protection des citoyens, des entreprises ainsi que des infrastructures critiques. La cheffe du gouvernement à l’époque, Victoire Tomégah-Dogbé, qualifiait cette initiative d’« étape cruciale » pour le pays.

Sur le plan législatif, plusieurs textes ont consolidé le cadre juridique togolais. La loi de 2018 sur la cybersécurité et la lutte contre la cybercriminalité, ainsi que celle de 2019 sur la protection des données à caractère personnel, constituent les fondements de la régulation du numérique. En 2021, le Togo a également ratifié la Convention de l'Union africaine sur la cybersécurité, dite Convention de Malabo.

Des institutions engagées

Plusieurs institutions ont été créées pour mettre en œuvre ces engagements. Il y a entre autre l’Agence nationale de la cybersécurité (ANCy), instaurée en 2018, qui pilote la politique nationale. La société Cyber Defense Africa, née d’un partenariat entre le Togo et la société polonaise Asseco Data Systems S.A., qui assure la sécurisation des systèmes d’information, y compris au-delà des frontières togolaises. Le Centre national de réponse aux incidents de cybersécurité, CERT.tg, qui se charge quant à lui de la détection et de la gestion des attaques.

Ces efforts portent leurs fruits. Selon l’édition 2024 du Global Cybersecurity Index de l’Union internationale des télécommunications, le Togo a obtenu un score de 88,8 sur 100, se hissant dans la catégorie "Tier 2 – Advancing", la deuxième plus haute au niveau mondial. Le pays rejoint ainsi des puissances numériques telles que la Chine, Israël, la Pologne et la Suisse.

Si ces avancées placent le Togo sur la bonne voie, elles ne peuvent rester statiques. En matière de cybersécurité, la compétition s’effectue à l’échelle mondiale : les menaces évoluent sans cesse, tout comme les outils pour les contrer.

Il faudra donc maintenir cet élan, adapter régulièrement la stratégie, renforcer les capacités et veiller à ce que chaque citoyen comprenne l’importance de protéger ses données. Autrement, même les meilleurs pare-feux et les lois les plus sophistiquées ne pourront garantir la pérennité des progrès accomplis.

Cybersécurité au Togo : des progrès à saluer « Il faut 20 ans pour construire une réputation et quelques minutes de cyber-incident pour la ruiner », affirmait Stéphane Nappo. À l’ère du numérique, cette phrase résonne avec une acuité particulière. Personne n’échappe désormais aux revers de la digitalisation : ni les individus, ni même les organisations. Une nécessité incontournable Le numérique est devenu un pilier incontournable du XXIe siècle. Il transforme les modes de vie, facilite l’accès à l’information, améliore les services publics et privés, et ouvre de nouvelles perspectives économiques.

À mesure que les technologies progressent, les frontières physiques s’effacent, les échanges s’intensifient et l’innovation s’accélère. Maîtriser le numérique n’est plus un luxe : c’est une exigence pour rester compétitif et protégé.

La multiplication des cyberattaques met en péril la sécurité des États, des entreprises et des citoyens. La fuite de données sensibles, le piratage de systèmes ou encore l’utilisation abusive des informations personnelles soulèvent de vives inquiétudes. Selon le rapport de Cybersecurity Ventures, les coûts mondiaux liés aux cyberattaques atteindront 10 500 milliards de dollars par an d’ici 2025, contre 3 000 milliards en 2015. Un signal fort de la gravité de ces menaces. Une réponse politique et légale au Togo Au Togo, la cybersécurité est devenue une priorité nationale. En 2024, le gouvernement a lancé une stratégie nationale de cybersécurité couvrant la période 2024-2028. Cette feuille de route vise à anticiper les menaces numériques et à garantir la protection des citoyens, des entreprises ainsi que des infrastructures critiques. La cheffe du gouvernement à l’époque, Victoire Tomégah-Dogbé, qualifiait cette initiative d’« étape cruciale » pour le pays. Sur le plan législatif, plusieurs textes ont consolidé le cadre juridique togolais. La loi de 2018 sur la cybersécurité et la lutte contre la cybercriminalité, ainsi que celle de 2019 sur la protection des données à caractère personnel, constituent les fondements de la régulation du numérique. En 2021, le Togo a également ratifié la Convention de l'Union africaine sur la cybersécurité, dite Convention de Malabo.

Des institutions engagées

Plusieurs institutions ont été créées pour mettre en œuvre ces engagements. Il y a entre autre l’Agence nationale de la cybersécurité (ANCy), instaurée en 2018, qui pilote la politique nationale. La société Cyber Defense Africa, née d’un partenariat entre le Togo et la société polonaise Asseco Data Systems S.A., qui assure la sécurisation des systèmes d’information, y compris au-delà des frontières togolaises. Le Centre national de réponse aux incidents de cybersécurité, CERT.tg, qui se charge quant à lui de la détection et de la gestion des attaques.

Ces efforts portent leurs fruits. Selon l’édition 2024 du Global Cybersecurity Index de l’Union internationale des télécommunications, le Togo a obtenu un score de 88,8 sur 100, se hissant dans la catégorie "Tier 2 – Advancing", la deuxième plus haute au niveau mondial. Le pays rejoint ainsi des puissances numériques telles que la Chine, Israël, la Pologne et la Suisse.

Si ces avancées placent le Togo sur la bonne voie, elles ne peuvent rester statiques. En matière de cybersécurité, la compétition s’effectue à l’échelle mondiale : les menaces évoluent sans cesse, tout comme les outils pour les contrer.

Il faudra donc maintenir cet élan, adapter régulièrement la stratégie, renforcer les capacités et veiller à ce que chaque citoyen comprenne l’importance de protéger ses données. Autrement, même les meilleurs pare-feux et les lois les plus sophistiquées ne pourront garantir la pérennité des progrès accomplis.