- Par Isney Bariko
- 04/02/2026 12:19
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Lomé et Kara – Une soixantaine de jeunes se sont rassemblés du 16 au 20 septembre pour participer à une formation intensive, organisée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), en partenariat avec l’Alternative Leadership Group (ALG) et l’Association des Étudiants en Médecine, Pharmacie et Odontostomatologie du Togo (AEMPO). Ces jeunes ont été formés pour devenir des acteurs de la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG), les grossesses précoces, les avortements clandestins, et l’abus de substances psychotropes. Une démarche novatrice associant expertises médicales et juridiques pour une réponse efficace aux défis auxquels font face les jeunes au Togo.
Les violences basées sur le genre (VBG), les grossesses précoces et l’abus de substances psychotropes constituent de véritables freins au développement des jeunes au Togo. Ces problématiques touchent les jeunes de manière disproportionnée, les exposant à des risques sanitaires, sociaux et économiques. Au sein des communautés locales, les victimes de ces fléaux se retrouvent souvent sans ressources ni protection. Selon Jean Detome, Président de l’AEMPO, « il est crucial de doter les jeunes des outils nécessaires pour prévenir et combattre ces phénomènes, car ils affectent non seulement leur santé physique et mentale, mais aussi leur avenir et celui de leurs familles ». Ces enjeux de santé publique nécessitent une réponse concertée, aussi bien sur le plan médical que juridique, afin de prévenir, protéger et accompagner les jeunes.
Image IllustrativeLa formation s’est structurée en deux temps, permettant aux participants de comprendre et d’agir face aux défis identifiés. La première phase théorique a introduit les jeunes aux réalités des violences basées sur le genre, des avortements clandestins, et de la consommation de drogues. Manuella Kobonon, juriste au sein de l'ALG, a insisté sur les conséquences légales et sanitaires de ces actes. Elle a souligné l'importance d'une approche holistique combinant connaissances médicales et juridiques pour une meilleure prise en charge des victimes. La deuxième phase de l’atelier était pratique. Huguette Ahouefa Sossou, une autre intervenante, a guidé des sessions de travaux en groupe où les participants ont étudié des cas concrets, simulé des situations d'urgence et proposé des réponses adaptées. « Cette partie pratique a véritablement changé notre manière de voir les choses, elle nous a armés pour devenir des acteurs de changement », explique Alice Sekedjah, Secrétaire générale de l’ALG. À la fin de l’atelier, les jeunes étaient capables de reconnaître les signes de violence ou d’abus et d’intervenir de manière appropriée, tout en connaissant les ressources légales disponibles.
Photo prise lors de l'étude des cas pratique : l'Atelier de KaraL'une des forces de cette initiative réside dans la synergie créée entre deux mondes souvent distincts : la Médecine et le Droit. Le partenariat entre l’AEMPO et l’ALG a permis d'offrir aux participants une formation complète, associant l’expertise médicale à la dimension juridique des problématiques traitées. Ce type de collaboration est novateur, car il aborde de front les aspects sanitaires et légaux des VBGs et des abus de drogues. L’introduction de l’application « Xonam » par ALG a été un point fort de l’atelier. Cette plateforme permet aux victimes et témoins de signaler de manière anonyme des violations des droits humains, ce qui renforce le maillage de protection autour des communautés. Jean Detoma Atanguegnima a salué cette initiative : « Pour la première fois, nous avons un outil accessible, qui peut faire la différence pour ceux qui subissent ces violences en silence ». Cette complémentarité entre les deux domaines a fait de cette formation une véritable avancée, ouvrant la voie à d'autres initiatives similaires au niveau national.
Image Illustrative : Etudiant en Droit et en MédecineLes ateliers de Lomé et Kara ont marqué une étape importante dans l'engagement des jeunes contre les Violences Basées sur le Genre, les Grossesses Précoces et l’Abus de Drogues. Grâce à la formation dispensée par l’OMS, l’ALG et l’AEMPO, ces jeunes sont désormais mieux armés pour faire face à ces problématiques. Ce partenariat innovant entre médecins et juristes illustre la nécessité d'une approche multidisciplinaire pour lutter efficacement contre ces fléaux qui menacent l’avenir de la jeunesse togolaise. Des campagnes de sensibilisation supplémentaires sont prévues pour renforcer les acquis et encourager une large adoption des outils comme l’application "Xonam".
écrit par : August EHENNOU